Intégration et naturalisation : l’exemple suisse

Author(s): Pierre Centlivres

Source: https://doi.org/10.4000/terrain.2990

Abstract

En 1983, le conseil fédéral, soucieux de s’appuyer sur l’autorité des scientifiques avant de se lancer dans une politique de soutien à l’expression de la diversité des cultures et des langues en Suisse, a donné mandat au Fonds national suisse de la recherche scientifique (FNRS) d’élaborer un programme national de recherche sur le thème du « pluralisme culturel et de l’identité nationale ». Le FNRS est l’instrument principal d’encouragement de la recherche helvétique, et les programmes nationaux de recherche (PNR) financés par le Fonds sont destinés à étudier et à résoudre si possible des problèmes généraux de société (voir encadré). L’énoncé du programme fit d’emblée figure de paradoxe : comment saisir, voire stimuler, pour reprendre les termes de l’appel d’offres, la nature et l’existence de l’identité nationale alors que l’expression « la nation suisse » est quasi absente du vocabulaire politique (Brühlmeier 1988 : 36) depuis le reflux de la grande vague républicaine et radicale du siècle passé, alors que le système suisse semble fondé justement sur le pluralisme politique et culturel. Considéré dans une perspective historique, rien n’est plus étranger à ce système que l’éphémère République helvétique une et indivisible imposée par le Directoire en 1798.

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