Faire de l’aumônerie musulmane un métier

Author(s): Mallory Schneuwly Purdie, Claire Robinson avec la collaboration de Dia Kadham al-Jamé, Ratiba Dhina, Omar Seck, Ender Demirtas et Jeremy Dunon

Source: https://doi.org/10.51363/unifr.szigs.2025.014

Abstract

En Suisse, la gestion des relations entre l’État et les communautés religieuses est une prérogative
cantonale, garantie par l’article 72 de la Constitution Fédérale (Cattacin et al., 2003). En vertu du
principe de primauté du droit, les législations cantonales doivent cependant respecter les cadres
posés au niveau fédéral. Ainsi, malgré la diversité des modèles de régulation cantonale du fait re-
ligieux, les cantons suisses garantissent l’exercice de la liberté de conscience et de croyance, y
compris dans les institutions publiques. Dans les hôpitaux ou les établissements de détention, cela
se traduit par la mise à disposition d’un service d’aumônerie permettant notamment l’accès à un
référent religieux pour les personnes qui en font la demande. Jusqu’à aujourd’hui, le modèle do-
minant reste celui d’une aumônerie à visée universaliste, majoritairement assurée par des équipes
chrétiennes. Cependant, la collaboration avec des intervenant·e·s musulmans et le développement
d’une aumônerie musulmane suscitent un intérêt croissant de la part de plusieurs secteurs publics
(Becci et al., 2011 ; Schneuwly Purdie, 2011 ; Schmid et al., 2017, 2018, 2022; Schmid & Lang,
2020; Sheikhzadegan & Schmid, 2025). En Suisse romande notamment, ces prestations restent
encore largement informelles : les aumônier·ère·s musulman·e·s interviennent le plus souvent à
titre bénévole, avec des autorisations et une présence limitées, et apprennent leur rôle essentiel-
lement sur le terrain (Dziri et al., 2022; Eser Davolio et al., 2019; Schneuwly Purdie, 2014;
Schneuwly Purdie & Zurbuchen, 2021).

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