La Suisse, terre d’asile ?
Author(s): Mauro Cerutti
Source: https://doi.org/10.3917/rhsho1.163.0026
Abstract
Entre 1939 et 1945, la Suisse a été une terre d’asile pour plus de 250 000 militaires et civils qui y ont trouvé refuge pendant des périodes plus ou moins longues ; mais elle ne l’a pas été pour quelques dizaines de milliers de personnes – dont beaucoup de Juifs – qui ont été refoulées à la frontière ou qui n’ont pas obtenu de visa d’entrée. Elle ne l’a pas été non plus pour tous ceux – en majorité juifs – que la sévère législation mise en place par les autorités helvétiques à partir d’août 1942, a dissuadés de toute tentative d’entrée. Dans l’immédiat après-guerre, c’est l’image de la Suisse “terre d’asile” qui domine : on met en évidence le nombre de ceux qui ont trouvé refuge dans la Confédération. Les critiques alors adressées à Berne visent ses relations économiques et financières avec le Reich. Les Alliés eux-mêmes – à commencer par les États-Unis – sont conscients de ne pas avoir fait tout ce qu’ils auraient pu pour venir en aide aux Juifs persécutés.