Charge raciale et blanchité : témoignage d’un homme Noir et travailleur social en Suisse romande
Author(s): Robin Kahumbu
Source: https://doi.org/10.3917/graph1.095.0067
Abstract
Cet article propose un témoignage contextualisé d’un travailleur social noir en Suisse romande, examinant le poids du racisme et la blanchité dans la pratique professionnelle. S’appuyant sur une expérience de microagressions racistes au sein d’une équipe, il met en lumière les impacts cognitifs, émotionnels et professionnels du racisme ordinaire. L’auteur montre comment ce poids du racisme engendre une hypervigilance constante, une régulation émotionnelle et des comportements d’adaptation pour préserver les relations professionnelles et la position de l’entreprise. L’article remet en question la notion de neutralité institutionnelle, qui tend à occulter les expériences vécues de discrimination, et souligne la tension entre les valeurs du travail social et les dynamiques de pouvoir réelles. La supervision apparaît comme un espace de soutien essentiel, tandis que le témoignage — malgré les risques qu’il comporte — devient un moyen crucial de rendre ces expériences visibles et de favoriser un changement de pratique. L’article plaide en définitive pour une reconnaissance explicite du racisme institutionnel.
Mots-clés éditeurs : charge raciale, blanchité, travail social, témoignage, racisme institutionnel
This article offers the contextualized testimony of a Black social worker in French-speaking Switzerland, examining the weight of racism and whiteness in professional practice. Drawing on an experience of racist microaggressions within a team, it highlights the cognitive, emotional, and professional impacts of everyday racism. The author shows how this racial burden generates constant hypervigilance, emotional regulation, and adaptive behaviors aimed at preserving workplace relationships and protecting the organization’s standing. The article challenges the notion of institutional neutrality, which tends to obscure lived experiences of discrimination, and underscores the tension between the values of social work and actual power dynamics. Professional supervision emerges as an essential space of support, while testimony—despite the risks it entails—becomes a crucial means of making these experiences visible and fostering changes in professional practice. The article ultimately advocates for explicit recognition of institutional racism.
Mots-clés éditeurs : racial burden, whiteness, social work, testimony, institutional racism