Secondos / Secondas. La situation de la deuxième génération d’immigrés en Suisse et leur littérature
Author(s): Joseph Jurt
Source: https://doi.org/10.5771/9783988580917-31
Abstract
La Suisse est avec un taux d’étrangers de plus de 21 % un pays d’immigration par excellence. Avec ses quatre langues nationales, elle ne peut fonder son identité sur des critères d’ordre culturel, mais seulement se référer à la volonté politique d’indépendance. Cette situation a pu favoriser l’intégration des immigrés, tout en suscitant des réflexes de rejet par des couches de population profitant peu de l’essor économique et qui se cantonnent dans un réflexe identitaire. Les fils et filles d’immigrés se dénomment avec une certaine fierté « secondos / secondas » et se distinguent souvent comme une élite de motivation par leurs performances dans le domaine professionnel et dans celui du sport, mais rencontrent aussi des obstacles que ne connaissent pas leurs camarades suisses. On distingue en Suisse trois piliers de la politique d’intégration : l’intégration structurelle (formation et services sociaux), l’intégration politique (participation politique, naturalisation) et l’intégration culturelle (concernant le temps libre). En ce qui concerne l’intégration culturelle, le problème identitaire se pose de la manière la plus aiguë. Des enquêtes ont montré que des jeunes issus de l’immigration ont tendance à vouloir très clairement préserver leur culture d’origine tout en intégrant en même temps la culture suisse. Des sociologues ont proposé pour ce fait le terme d’« identité diasporique », qui permet de penser différemment les catégories d’État et de Nation et de les dissocier pour dire, d’une
part, l’exercice des droits et des devoirs citoyens de l’endroit où l’on vit, et d’autre part, pour reconnaître des liens d’appartenance à un ailleurs.Author(s):
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